Guerre informationnelle contre le COVID-19 en France, de l’urgence sanitaire à la résilience économique.

Les premiers cas du COVID-19 ont été détectés en Chine en décembre 2019 dans la ville de Wuhan à 850 kilomètres de l’ouest de Shanghai. Selon un bulletin de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) publié le 12 janvier 2020, 41 cas d’infection étaient connus avec la majorité des personnes qui travaillaient ou fréquentaient le grand marché de gros aux poissons de Huanan. Les premiers cas en France ont été documentés à partir du 24 janvier 2020 avec trois (03) cas officiellement recensés. Depuis le 14 mars en France, la Pandémie est passée au niveau 3 dans le pays avec des fermetures immédiates de tous les lieux recevant du public non indispensable et un confinement à domicile de la population le 17 mars à 12H, sauf pour des motifs autorisés. Au 27 mars 2020 en France, le nombre de cas du COVID-19 était de 29.581, 1.696 décès et 4.948 personnes guéries.

L’urgence sanitaire inédite en France.

C’est le 23 mars 2020 que les députés de l’assemblée nationale ont adopté la loi d’urgence sanitaire au regard du contexte épidémique en France. Cette loi constitue une vrai base légale pour permettre au Gouvernement de mettre en place toutes les mesures indispensables et idoines au stricte respect du confinement à domicile et à la lutte contre l’ennemie invisible qui reste le COVID-19. La loi est publiée au journal officiel depuis le mardi 24 mars 2020 pour une durée de deux (02) mois à partir de son entrée en vigueur et sera soumise au contrôle du Juge et du Parlement.

Pour mener à bien sa mission dans le cadre de cette loi d’urgence sanitaire, l’Etat français est autorisé par le biais du Gouvernement à prendre une série de mesures pour endiguer la pandémie du COVID-19. A cet effet le Gouvernement a prévu :

  • La limitation des libertés individuelles qui prennent en compte « La liberté d’aller et de venir, la liberté d’entreprendre et la liberté de réunion ».
  • La mise en place de mesures incitatives pour soutenir les entreprises en très grandes difficultés face à la crise.
  • Le report du second tour des municipales probablement pour le mois de juin 2020.
  • La possibilité d’ordonner des réquisitions des biens et services nécessaires pour lutter contre la catastrophe sanitaire.
  • La prescription de plusieurs autres mesures par arrêté concernant les mesures générales et individuelles contre la pandémie.
  • La mise en quarantaine des personnes suspectées d’être infectées.
  • L’interdiction des rassemblements sur la voie publique.

Une récession économique avec plusieurs secteurs à l’arrêt.

C’est une note de l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques) publiée le jeudi 26 mars 2020 qui vient assombrir la perspective d’une récession économique à -1%. La pandémie du COVID-19 pourrait faire des dégâts bien plus importants à l’économie française. L’économie de l’hexagone tourne aujourd’hui seulement à deux tiers avec une industrie à la peine et en grande difficulté sur tout le territoire national.

 Des secteurs importants comme le tourisme ou une grande partie des services marchands, qui représentent plus de la moitié du PIB français, sont en perte d’activité d’environ 35%. Un mois de confinement pour les spécialistes de l’INSEE pourrait se traduire en moyenne par 3 points de PIB en moins sur un an et deux mois de confinement, par -6 point sur un an. L’agence de notation Moody’s déclare que la France pourrait connaître un recul de 1,4% en 2020, quand Standard and Poor’s table plutôt sur -1,7%. Tous ces chiffres sont pour l’instant inférieurs aux deux grandes crises à savoir financière de 2008 et le premier choc pétrolier de 1973 connues par la France. Lors de la crise financière de 2008, la croissance est passée de 2,4% du PIB en 2007 à -2,9% en 2009. Quant aux chiffres du choc pétrolier de 1973, la croissance économique est passée de 6,3% en 1973 à -1% en 1975.

D’autres secteurs sont durement touchés par cette crise, comme celui du textile où la fermeture subite et brutale des magasins pour raison de confinement, a entrainé un coup d’arrêt et reste mortel pour plusieurs enseignes. Des grands groupes du secteur de l’automobile, de l’hôtellerie et du transport aérien comme Air France, ADP, Accor, Renault ou Peugeot sont très impactés par la crise.

Les leviers et les acteurs de la relance économique contre-attaquent.

Même si la violence économique de la crise est tangible avec tout son corolaire de conséquences immédiates, l’économie française reste dynamique pour surmonter le choc et la crise. La sortie de la crise économique sera probablement liée à la meilleure gestion de la crise sanitaire et tous les éléments connexes. Un retour à la normale ne sera pas immédiat, selon le Premier Ministre Edouard Philipe, mais l’effondrement est évitable avec toutes les parties prenantes du monde économique dans le pays dont l’Etat, le Patronat, les organisations syndicales et les salariés qui s’unissent pour faire front au marasme économique qui pourrait avoir lieu.

L’Etat doit maintenant faire face à l’ampleur de la récession en démontrant sa solvabilité au niveau des emprunts et des investissements massifs pour sauver son économie. L’Etat français n’agira pas seul au vue du contexte de la globalisation. L’impact et la relance économique de la France dépend nécessairement de ses partenaires Européens et des deux grandes puissances économiques que sont les Etats-Unis et la Chine.

La France a pris plusieurs mesures économiques pour faire face à l’urgence sanitaire et aider les entreprises qui sont frappées par la pandémie du COVID-19. Il s’agit de (d’) :

  • Soutien à la trésorerie et faciliter les recours à l’activité partielle.
  • Dérogations possibles en matière de durée du travail pour certaines entreprises dans des secteurs particulièrement nécessaires.
  • Report du paiement des loyers ou certaines factures (eau, électricité…) pour les très petites entreprises.
  • Suspension temporaire du jour de carence en cas d’arrêt maladie pendant la durée de l’état d’urgence sanitaire.
  • Adaptation des règles de dépôt et de traitement des déclarations administratives.
  • Une aide maximale de 1500 euros accordée aux entreprises qui ont un CA inférieur à 1 million d’euro pour les TPE.

Pour poursuivre ses actions, l’Etat a adopté une loi de finance rectificative dont le texte prévoit immédiatement 45 milliards d’euros pour aider les entreprises en difficulté et financer le chômage partiel des salariés. L’Etat prévoit aussi de garantir les nouveaux prêts de trésorerie accordés à partir du 16 mars et jusqu’au 31 décembre 2020. Par ailleurs, le ministre de l’économe Bruno Lemaire a indiqué que l’Etat remboursera 100% aux entreprises, les montants qui seront versés aux salariés en chômage technique. Jusqu’à présent, il ne remboursait qu’à hauteur du SMIC horaire.

L’idée pour l’Etat est de retrouver très rapidement la stabilité économique du pays et repartir avec la croissance. Un pan important de cette stratégie est aussi de maintenir les compétences au sein des entreprises et en France pour éviter les erreurs des décennies précédentes qui rythmaient avec la séparation des salariés en période de crise économique.

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