Pourquoi l’Afrique doit-elle mener sa guerre économique ?

Avec une croissance économique de 3,4% liée aux investissements et exportations en 2019 selon la BAD (Banque Africaine de Développement), l’Afrique demeure encore l’un des continents avec un taux en constante évolution avec 3,9% pour l’année 2020. Cette embellie du taux de croissance depuis ces dernières décennies n’a pas occulté les réels problèmes et difficultés des économiques africaines. Les dirigeants et spécialistes de l’Afrique tentent de sortir l’économie africaine de l’ornière avec toutes les stratégies et méthodes pour une Afrique économiquement indépendante, dans un monde de plus en plus compétitif avec des enjeux économiques forts. Toutefois, la tâche pour la résolution de cette problématique reste un vaste chantier de prise de décisions importantes pour le continent. L’impact de la crise sanitaire du COVID-19 qui frappe le monde entier depuis le mois de décembre 2019, vient encore fragiliser les économies africaines déjà éprouvées par d’autres maux. L’Afrique doit à un moment donné être maître de son destin économique même si nous sommes dans un contexte de mondialisation en menant sa guerre économique.

Des modèles économiques fragiles à repenser pour un positionnement stratégique.

Les pays africains doivent plus que jamais réinventer leur modèle économique s’ils veulent encore exister et éviter un surendettement massif des différentes institutions financières comme le FMI, la Banque Mondiale, les Banques islamiques… Le modèle économique doit-être propre au continent africain tout en prenant en compte les aspects et réalités socio-culturels, l’environnement économique mondial, les potentialités des différents pays et les éléments connexes.

Ce modèle ne doit pas être un modèle importé mais tenir aussi compte des relations sud-sud pour une économie intrarégionale forte. Le changement des modèles économiques doit nécessairement intégrer des changements structurels à savoir des changements d’un emploi à faible productivité à un emploi à haute productivité.

Le concept de développement économique en Afrique doit être une réalité tangible et intrinsèque en prenant en compte dans le nouveau modèle, les aspects qualitatifs des trois moments de l’activité économique à savoir : la production, la distribution et la consommation. L’Afrique devra aussi sortir de l’exportation abusive de ces matières premières qui pour elle, est une manne intarissable des budgets étatiques et aller vers une transformation de ces produits d’exportation afin d’avoir une valeur ajoutée importante.

Les enjeux économiques de la transformation des matières premières sur le continent.

Si depuis plusieurs années l’Afrique a eu des taux de croissance économique impressionnant grâce à l’essor prolongé de l’exportation de ses matières premières, elle n’a toujours pas bénéficié de manière conséquente de ce boom économique. Le continent doit pour plus de soutien de ses matières premières changé de logiciel économique en visant une transformation massive des produits surplace.

La faible transformation des matières premières locales reste de nos jours un frein à la croissance inclusive dans la plupart des pays. Il faut miser sur des plans étatiques d’industrialisation pour renforcer les conditions favorables à la croissance économique et au développement en aidant l’ensemble des strates de la société africaine.

A part l’Afrique du Sud et quelques pays de l’Afrique du Nord dont le Maroc, la plupart des pays de l’Afrique Subsaharienne sont les pays les moins industrialisés dans le monde. Les nouvelles stratégies d’industrialisation pour les matières premières et leur transformation sur le continent seront un gage de réduction de chômage des 12 millions de personnes qui rentrent chaque année sur le marché du travail.

Les pays producteurs doivent sortir de cette « malédiction des matières premières » qui est liée à la variabilité excessive des cours des produits et du contexte économique mondial. Pour avoir une dynamique économique pérenne, l’Afrique doit opter pour une transformation de ses produits afin de maintenir une trajectoire vertueuse pour l’ensemble des parties prenantes de la chaîne de valeur avec pour corollaire une croissance inclusive pour les populations.

Les retombées impératives d’une croissance économique inclusive pour les populations.

Les populations africaines ont besoin aujourd’hui d’être au cœur des politiques économiques de leurs gouvernants. La croissance économique de ces dernières décennies sur le continent n’est pas ressentie par les populations car le seuil de pauvreté en Afrique est encore très significatif.

Selon la Banque Mondiale, en 2015, sur les 28 pays les pauvres au monde, 27 de ces pays sont sur le continent africain avec des taux de pauvreté supérieurs à 30%  et une extrême pauvreté qui restera supérieure à 10% en Afrique subsaharienne en 2030.

La croissance économique des pays producteurs des matières premières et de l’ensemble du continent doit servir aux populations dans des secteurs importants et prioritaires tels que l’éducation, la santé, la formation professionnelle, l’industrie, les transports, le tourisme, les TIC et le développement durable. Les dirigeants des pays africains devront combiner des stratégies d’aide sociale, sociétale et mettre l’emploi des jeunes au cœur des nombreuses politiques de réduction de la pauvreté sur le continent pour freiner des maux comme l’immigration et les guerres civiles.

La stabilité économique sur le continent comme solution à l’immigration clandestine et à la sécurité.

La solidité de l’économie africaine fera naître au sein des populations une harmonisation vitale des conditions de vie entre les différentes classes de la société. Cette stabilité économique qui viendra résoudre des fléaux comme l’immigration clandestine sera le moteur d’une Afrique qui gagne et qui pense à sa jeunesse.

Selon la note de l’OCDE (Organisation de Coopération et de développement économique) de 2016, consacrée aux évolutions des migrations vers les pays développés, le nombre de migrants pour l’Afrique est passé de 7,2 millions en 2000 à 12,5 millions en 2016. C’est la part que représente les populations africaines vivant dans un pays de l’OCDE dans cette période bien précise. Cette population à majorité jeune tente de fuir les conditions exécrables de vie économique pour un avenir meilleur.

Cependant, au vue des difficultés économiques que connaissent l’Europe et les autres grandes puissances dans le monde, l’Afrique se doit de construire des pays modèles pour garder leurs ressortissants en assurant sa sécurité et sa stabilité économique.

Les nouveaux leviers et acteurs économiques à intégrer dans le développement économique de l’Afrique.

L’Afrique doit mener une bataille économique quotidienne pour assurer la pérennité et la pérennisation de son économie interne et externe. Cet engagement doit intégrer de nouveaux secteurs d’activité encore négligés dans certains pays de l’Afrique subsaharienne, pourtant porteurs d’un espoir économique diligent.

Le secteur du tourisme en Afrique est un précieux levier de développement pour le continent car pourvoyeur d’emplois, de devises et également de développement des infrastructures et de la sécurité. En 2017, selon l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT), 63 millions de personnes ont effectué un séjour touristique en Afrique avec au moins 33 milliards d’euros rentrés sur le continent. Ce chiffre est en augmentation de 8% contrairement à l’année 2016.

L’autre levier important pour mener la guerre économique de l’Afrique est le développement du numérique qui lui aussi est pourvoyeur d’emplois et utilisé aujourd’hui dans le secteur public et privé. Les pays africains doivent investir dans des infrastructures numériques pour réduire le temps de travail et amorcer le développement. L’Afrique doit aujourd’hui éviter les investissements perdus et regarder vers une réaffectation des ressources vers une digitalisation raisonnable et responsable. Il faut avoir cette vision globale et déterminée en pensant au développement en mode numérique.

L’Afrique doit ouvrir son marché à tous les acteurs économiques du monde afin de mesurer les impacts positifs pour son économie et ses populations. Sa vision stratégique de développement doit partir sur des relations « Gagnant-gagnant » en regardant avec tous les acteurs leurs apports et leurs stratégies dans les différents pays.

L’Afrique est encore un continent où tout reste à faire dans plusieurs secteurs de l’économie nationale. Le changement des modèles économiques permettra aux pays africains de s’adapter à la concurrence mondiale et aux velléités des cours des matières premières afin de mener une guerre économique et assoir sa souveraineté et sa position dans le monde.

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