Pourquoi l’Afrique doit-elle mener sa guerre économique ?

Avec une croissance économique de 3,4% liée aux investissements et exportations en 2019 selon la BAD (Banque Africaine de Développement), l’Afrique demeure encore l’un des continents avec un taux en constante évolution avec 3,9% pour l’année 2020. Cette embellie du taux de croissance depuis ces dernières décennies n’a pas occulté les réels problèmes et difficultés des économiques africaines. Les dirigeants et spécialistes de l’Afrique tentent de sortir l’économie africaine de l’ornière avec toutes les stratégies et méthodes pour une Afrique économiquement indépendante, dans un monde de plus en plus compétitif avec des enjeux économiques forts. Toutefois, la tâche pour la résolution de cette problématique reste un vaste chantier de prise de décisions importantes pour le continent. L’impact de la crise sanitaire du COVID-19 qui frappe le monde entier depuis le mois de décembre 2019, vient encore fragiliser les économies africaines déjà éprouvées par d’autres maux. L’Afrique doit à un moment donné être maître de son destin économique même si nous sommes dans un contexte de mondialisation en menant sa guerre économique.

Des modèles économiques fragiles à repenser pour un positionnement stratégique.

Les pays africains doivent plus que jamais réinventer leur modèle économique s’ils veulent encore exister et éviter un surendettement massif des différentes institutions financières comme le FMI, la Banque Mondiale, les Banques islamiques… Le modèle économique doit-être propre au continent africain tout en prenant en compte les aspects et réalités socio-culturels, l’environnement économique mondial, les potentialités des différents pays et les éléments connexes.

Ce modèle ne doit pas être un modèle importé mais tenir aussi compte des relations sud-sud pour une économie intrarégionale forte. Le changement des modèles économiques doit nécessairement intégrer des changements structurels à savoir des changements d’un emploi à faible productivité à un emploi à haute productivité.

Le concept de développement économique en Afrique doit être une réalité tangible et intrinsèque en prenant en compte dans le nouveau modèle, les aspects qualitatifs des trois moments de l’activité économique à savoir : la production, la distribution et la consommation. L’Afrique devra aussi sortir de l’exportation abusive de ces matières premières qui pour elle, est une manne intarissable des budgets étatiques et aller vers une transformation de ces produits d’exportation afin d’avoir une valeur ajoutée importante.

Les enjeux économiques de la transformation des matières premières sur le continent.

Si depuis plusieurs années l’Afrique a eu des taux de croissance économique impressionnant grâce à l’essor prolongé de l’exportation de ses matières premières, elle n’a toujours pas bénéficié de manière conséquente de ce boom économique. Le continent doit pour plus de soutien de ses matières premières changé de logiciel économique en visant une transformation massive des produits surplace.

La faible transformation des matières premières locales reste de nos jours un frein à la croissance inclusive dans la plupart des pays. Il faut miser sur des plans étatiques d’industrialisation pour renforcer les conditions favorables à la croissance économique et au développement en aidant l’ensemble des strates de la société africaine.

A part l’Afrique du Sud et quelques pays de l’Afrique du Nord dont le Maroc, la plupart des pays de l’Afrique Subsaharienne sont les pays les moins industrialisés dans le monde. Les nouvelles stratégies d’industrialisation pour les matières premières et leur transformation sur le continent seront un gage de réduction de chômage des 12 millions de personnes qui rentrent chaque année sur le marché du travail.

Les pays producteurs doivent sortir de cette « malédiction des matières premières » qui est liée à la variabilité excessive des cours des produits et du contexte économique mondial. Pour avoir une dynamique économique pérenne, l’Afrique doit opter pour une transformation de ses produits afin de maintenir une trajectoire vertueuse pour l’ensemble des parties prenantes de la chaîne de valeur avec pour corollaire une croissance inclusive pour les populations.

Les retombées impératives d’une croissance économique inclusive pour les populations.

Les populations africaines ont besoin aujourd’hui d’être au cœur des politiques économiques de leurs gouvernants. La croissance économique de ces dernières décennies sur le continent n’est pas ressentie par les populations car le seuil de pauvreté en Afrique est encore très significatif.

Selon la Banque Mondiale, en 2015, sur les 28 pays les pauvres au monde, 27 de ces pays sont sur le continent africain avec des taux de pauvreté supérieurs à 30%  et une extrême pauvreté qui restera supérieure à 10% en Afrique subsaharienne en 2030.

La croissance économique des pays producteurs des matières premières et de l’ensemble du continent doit servir aux populations dans des secteurs importants et prioritaires tels que l’éducation, la santé, la formation professionnelle, l’industrie, les transports, le tourisme, les TIC et le développement durable. Les dirigeants des pays africains devront combiner des stratégies d’aide sociale, sociétale et mettre l’emploi des jeunes au cœur des nombreuses politiques de réduction de la pauvreté sur le continent pour freiner des maux comme l’immigration et les guerres civiles.

La stabilité économique sur le continent comme solution à l’immigration clandestine et à la sécurité.

La solidité de l’économie africaine fera naître au sein des populations une harmonisation vitale des conditions de vie entre les différentes classes de la société. Cette stabilité économique qui viendra résoudre des fléaux comme l’immigration clandestine sera le moteur d’une Afrique qui gagne et qui pense à sa jeunesse.

Selon la note de l’OCDE (Organisation de Coopération et de développement économique) de 2016, consacrée aux évolutions des migrations vers les pays développés, le nombre de migrants pour l’Afrique est passé de 7,2 millions en 2000 à 12,5 millions en 2016. C’est la part que représente les populations africaines vivant dans un pays de l’OCDE dans cette période bien précise. Cette population à majorité jeune tente de fuir les conditions exécrables de vie économique pour un avenir meilleur.

Cependant, au vue des difficultés économiques que connaissent l’Europe et les autres grandes puissances dans le monde, l’Afrique se doit de construire des pays modèles pour garder leurs ressortissants en assurant sa sécurité et sa stabilité économique.

Les nouveaux leviers et acteurs économiques à intégrer dans le développement économique de l’Afrique.

L’Afrique doit mener une bataille économique quotidienne pour assurer la pérennité et la pérennisation de son économie interne et externe. Cet engagement doit intégrer de nouveaux secteurs d’activité encore négligés dans certains pays de l’Afrique subsaharienne, pourtant porteurs d’un espoir économique diligent.

Le secteur du tourisme en Afrique est un précieux levier de développement pour le continent car pourvoyeur d’emplois, de devises et également de développement des infrastructures et de la sécurité. En 2017, selon l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT), 63 millions de personnes ont effectué un séjour touristique en Afrique avec au moins 33 milliards d’euros rentrés sur le continent. Ce chiffre est en augmentation de 8% contrairement à l’année 2016.

L’autre levier important pour mener la guerre économique de l’Afrique est le développement du numérique qui lui aussi est pourvoyeur d’emplois et utilisé aujourd’hui dans le secteur public et privé. Les pays africains doivent investir dans des infrastructures numériques pour réduire le temps de travail et amorcer le développement. L’Afrique doit aujourd’hui éviter les investissements perdus et regarder vers une réaffectation des ressources vers une digitalisation raisonnable et responsable. Il faut avoir cette vision globale et déterminée en pensant au développement en mode numérique.

L’Afrique doit ouvrir son marché à tous les acteurs économiques du monde afin de mesurer les impacts positifs pour son économie et ses populations. Sa vision stratégique de développement doit partir sur des relations « Gagnant-gagnant » en regardant avec tous les acteurs leurs apports et leurs stratégies dans les différents pays.

L’Afrique est encore un continent où tout reste à faire dans plusieurs secteurs de l’économie nationale. Le changement des modèles économiques permettra aux pays africains de s’adapter à la concurrence mondiale et aux velléités des cours des matières premières afin de mener une guerre économique et assoir sa souveraineté et sa position dans le monde.

Investissements massifs en Afrique : Guerre ouverte entre l’Union Européenne, la Chine et la Russie.

L’Afrique dans son développement et sa croissance économique sur ces dernières années peut compter sur sa démographie galopante qui reste un atout indéniable pour les investisseurs, les grandes multinationales et les grandes puissances étrangères. La population africaine est estimée aujourd’hui à un (01) milliard d’habitants contre 670 millions en 2000 pour atteindre 1,3 milliards de personnes en 2030 et 2,5 milliards en 2060. Ces personnes demeurent une source de consommation de biens et services et demandeuses d’emploi dans les nouvelles entreprises sur le continent et une main d’œuvre attractive et bon marché.

Selon les derniers chiffres de la Banque Africaine de Développement (BAD), les performances et perspectives économiques sont croissantes ces dernières années même si sur le continent, nous assistons à quelques foyers de tension dans certains pays tels que la Libye, le Soudan et le nord du Mali. En 2018, le PIB (Produit Intérieur Brut) était estimé à 3,5% avec des fondements économiques solides qui se poursuivent en 2019 pour un taux de croissance de 4,0% et 4,1% en 2020.

Cette embellie et progression constante ne laissent pas les grands blocs du nord notamment la Chine, la Russie et l’UE (Union Européenne) indifférents dans leur positionnement stratégique sur le continent pour la réalisation d’infrastructures, l’achat de matières premières et la création d’entreprises pour leurs multinationales. Que font réellement ces acteurs sur le continent Africain en termes d’investissements ?

Bataille de positionnement au niveau des investissements entre la Chine, la Russie et l’UE en Afrique.

La bataille des sommets ces derniers années entre l’Afrique, l’UE, la Russie et la Chine reste un cadre important de discussion et d’échanges afin de mettre en place des partenariats et voir les besoins des uns et des autres. Eu égard le contenu et l’orientation de la demande des pays africains au sortie de ces sommets, il est clair qu’en termes d’investissements massifs, l’Afrique souffre de certaines insuffisances. Le dernier sommet en date est celui entre la Russie et l’Afrique qui s’est tenu du 22 au 24 octobre 2019  dans la station balnéaire de Sotchi et était le premier de ces deux (02) parties prenantes. L’Afrique était représentée par ses 54 Etats dont 47 Chefs d’Etat et de gouvernement. A la fin de ce sommet, le Président Poutine a décidé de doubler les échanges commerciaux entre l’Afrique et la Russie. Le pays est déjà très présent sur le continent dans de nombreux secteurs d’activité comme la construction de réacteur nucléaire expérimental en Ethiopie, la construction d’un centre de recherche nucléaire au Rwanda, un complexe pétrochimique au Maroc pour un montant de deux (02) milliards d’Euros. Le pays souhaite aussi investir dans le secteur minier dans plusieurs pays dont le Soudan et aussi la sécurité.

Du côté de la Chine, elle investit en Afrique pour garantir l’accès aux ressources et utiliser les capacités excédentaires du pays. Elle investit dans des secteurs importants comme le BTP (infrastructures urbaines, routes, chemins de fer, barrages, hydroélectricité), l’exploitation forestière et surtout l’extraction minière et pétrolière. Les investissements chinois se font dans plusieurs pays qui sont dotés de matières premières dont l’Angola, l’Algérie, la RDC, le Nigéria, l’Ethiopie et l’Afrique du Sud. La diversification des investissements chinois se voit aussi davantage dans le secteur énergétique. Pour l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), entre 2010 et 2020 la Chine construira plus de 200 projets.

Avec un flux d’investissements directs étrangers de 40%, l’Union Européenne reste en 2017 le premier partenaire commercial avec 243,5 milliards d’échanges commerciaux et la Chine (16%) selon le FMI (Fonds Monétaire International). Déjà sur la même période, l’EU prévoyait un investissement de 44 milliards d’euros en Afrique d’ici 2020. L’union Européenne depuis septembre 2017 a mis en place le PIE (Plan d’Investissement Extérieur) pour attirer les investisseurs européens dans les pays africains. Avec un montant de 4,1 milliards d’Euros, l’EU a décidé d’investir dans des secteurs prioritaires comme les énergies renouvelables, le financement des PME, de l’agriculture, de l’agro-industrie, de l’entreprenariat rural, de la construction des villes durables et de la numérisation. Pour gagner cette bataille de l’investissement en Afrique les stratégies sont multiples.

Divergences de stratégies pour la conquête de l’Afrique.

Pour conquérir le continent Africain sur la base d’investissements massifs, les grandes puissances ne manquent pas d’idées et d’ingéniosité. L’EU mise aujourd’hui au-delà des grands projets d’investissements sur des aspects nouveaux que les regards traditionnels même si cela reste au cœur dans les stratégies. Aujourd’hui, pour investir en Afrique, l’UE utilise plusieurs outils dont le PIE pour aider les pays africains dans leur démarche à intégrer le développement durable, à contribuer à la croissance et à l’emploi et à supprimer les obstacles à l’investissement privé en réduisant les risques. L’idée de la stratégie de l’EU est d’aider à l’amélioration du climat des affaires dans les pays, l’assistante technique pour la gestion des projets susceptibles d’être financés et des investissements avec des garanties innovantes.

Le forum Chine-Afrique est aujourd’hui le creuset d’idées entre ces deux partenaires pour assoir une vision commune du partenariat gagnant-gagnant prôné par les Chefs d’Etat africains. La stratégie chinoise a permis en 2018, au sortie du sommet Chine-Afrique de mettre sur la table une importante enveloppe de 60 milliards de dollars pour le développement des pays africains. Le géant d’Asie souhaite apporter une aide significative à l’Afrique pour 15 milliards de dollars en termes d’aides gratuites et prêts sans intérêts. Les stratégies chinoises sur le continent s’insèrent très souvent dans le projet des nouvelles routes de la soie. Selon l’administration américaine, «La Chine a recourt à des pots-de-vin, des accords opaques et l’utilisation stratégique de la dette pour tenir les Etats d’Afrique captifs de ses souhaits et de ses demandes ».

Quant à la Russie, elle vient rattraper son retard sur le continent par une stratégie conventionnelle et simple, celle d’organiser un sommet Russie-Afrique pour repenser les partenariats et les accords commerciaux. Le discours politique aujourd’hui de la Russie est d’avoir une coopération avec tous les pays africains sans interférence aucune dans les affaires intérieures, même pour la stabilité des dirigeants autoritaires. La Russie veut se positionner aujourd’hui comme le partenaire essentiel de la lutte contre le terrorisme à travers la formation des hommes, la fourniture de matériel adéquat au niveau de l’armement comme en République Centrafricaine en 2017, la signature d’accords de coopération militaire avec 20 pays depuis 2017. Les autres arguments importants de la Russie en Afrique sont le fait de jouer sur les sentiments anticolonialistes avec les populations et l’influence médiatique à travers la création de contenus comme le dessin animé des enfants produit par la société Russe Lobaye Invest. Avec toutes ces stratégies que déploient ces puissances, l’Afrique doit-elle rester dans la diversification ou privilégier un partenaire de choix ?

Qui gagne en Afrique selon les besoins des populations.

Les actions de l’UE, de la Chine et de la Russie sur le continent enchantent les chefs d’Etat africains. Si pour la plupart des pays de l’UE comme la France et la Belgique, les relations sont historiques, pour les Russes et les Chinois, cette situation maintient les africains à rester sous le joug colonial. Pour l’UE, les pays africains au-delà de l’industrialisation par les investissements massifs, la mise en place d’infrastructures, de la croissance économique et des aspects connexes, il faut regarder certains aspects humains et humanitaires tels que la lutte contre l’immigration clandestine, la lutte contre le manque d’éducation des enfants et des femmes et l’électrification des villes et villages que les autres partenaires n’apportent pas tout de suite. Pour les européens, aussi, il faut aider l’Afrique à investir dans la démocratie pour des institutions fortes, là où les autres partenaires africains ne s’attardent que dans des grands travaux en oubliant les fondamentaux de la démocratie et les aspects humains qui restent le socle et la consolidation de la cohésion en Afrique. Les européens justifient leur partenariat économique de grande longévité par des actions qui pour eux couvrent tous les besoins des africains à travers divers programmes et projets pour le développement du continent.

Guerre informationnelle contre le COVID-19 en France, de l’urgence sanitaire à la résilience économique.

Les premiers cas du COVID-19 ont été détectés en Chine en décembre 2019 dans la ville de Wuhan à 850 kilomètres de l’ouest de Shanghai. Selon un bulletin de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) publié le 12 janvier 2020, 41 cas d’infection étaient connus avec la majorité des personnes qui travaillaient ou fréquentaient le grand marché de gros aux poissons de Huanan. Les premiers cas en France ont été documentés à partir du 24 janvier 2020 avec trois (03) cas officiellement recensés. Depuis le 14 mars en France, la Pandémie est passée au niveau 3 dans le pays avec des fermetures immédiates de tous les lieux recevant du public non indispensable et un confinement à domicile de la population le 17 mars à 12H, sauf pour des motifs autorisés. Au 27 mars 2020 en France, le nombre de cas du COVID-19 était de 29.581, 1.696 décès et 4.948 personnes guéries.

L’urgence sanitaire inédite en France.

C’est le 23 mars 2020 que les députés de l’assemblée nationale ont adopté la loi d’urgence sanitaire au regard du contexte épidémique en France. Cette loi constitue une vrai base légale pour permettre au Gouvernement de mettre en place toutes les mesures indispensables et idoines au stricte respect du confinement à domicile et à la lutte contre l’ennemie invisible qui reste le COVID-19. La loi est publiée au journal officiel depuis le mardi 24 mars 2020 pour une durée de deux (02) mois à partir de son entrée en vigueur et sera soumise au contrôle du Juge et du Parlement.

Pour mener à bien sa mission dans le cadre de cette loi d’urgence sanitaire, l’Etat français est autorisé par le biais du Gouvernement à prendre une série de mesures pour endiguer la pandémie du COVID-19. A cet effet le Gouvernement a prévu :

  • La limitation des libertés individuelles qui prennent en compte « La liberté d’aller et de venir, la liberté d’entreprendre et la liberté de réunion ».
  • La mise en place de mesures incitatives pour soutenir les entreprises en très grandes difficultés face à la crise.
  • Le report du second tour des municipales probablement pour le mois de juin 2020.
  • La possibilité d’ordonner des réquisitions des biens et services nécessaires pour lutter contre la catastrophe sanitaire.
  • La prescription de plusieurs autres mesures par arrêté concernant les mesures générales et individuelles contre la pandémie.
  • La mise en quarantaine des personnes suspectées d’être infectées.
  • L’interdiction des rassemblements sur la voie publique.

Une récession économique avec plusieurs secteurs à l’arrêt.

C’est une note de l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques) publiée le jeudi 26 mars 2020 qui vient assombrir la perspective d’une récession économique à -1%. La pandémie du COVID-19 pourrait faire des dégâts bien plus importants à l’économie française. L’économie de l’hexagone tourne aujourd’hui seulement à deux tiers avec une industrie à la peine et en grande difficulté sur tout le territoire national.

 Des secteurs importants comme le tourisme ou une grande partie des services marchands, qui représentent plus de la moitié du PIB français, sont en perte d’activité d’environ 35%. Un mois de confinement pour les spécialistes de l’INSEE pourrait se traduire en moyenne par 3 points de PIB en moins sur un an et deux mois de confinement, par -6 point sur un an. L’agence de notation Moody’s déclare que la France pourrait connaître un recul de 1,4% en 2020, quand Standard and Poor’s table plutôt sur -1,7%. Tous ces chiffres sont pour l’instant inférieurs aux deux grandes crises à savoir financière de 2008 et le premier choc pétrolier de 1973 connues par la France. Lors de la crise financière de 2008, la croissance est passée de 2,4% du PIB en 2007 à -2,9% en 2009. Quant aux chiffres du choc pétrolier de 1973, la croissance économique est passée de 6,3% en 1973 à -1% en 1975.

D’autres secteurs sont durement touchés par cette crise, comme celui du textile où la fermeture subite et brutale des magasins pour raison de confinement, a entrainé un coup d’arrêt et reste mortel pour plusieurs enseignes. Des grands groupes du secteur de l’automobile, de l’hôtellerie et du transport aérien comme Air France, ADP, Accor, Renault ou Peugeot sont très impactés par la crise.

Les leviers et les acteurs de la relance économique contre-attaquent.

Même si la violence économique de la crise est tangible avec tout son corolaire de conséquences immédiates, l’économie française reste dynamique pour surmonter le choc et la crise. La sortie de la crise économique sera probablement liée à la meilleure gestion de la crise sanitaire et tous les éléments connexes. Un retour à la normale ne sera pas immédiat, selon le Premier Ministre Edouard Philipe, mais l’effondrement est évitable avec toutes les parties prenantes du monde économique dans le pays dont l’Etat, le Patronat, les organisations syndicales et les salariés qui s’unissent pour faire front au marasme économique qui pourrait avoir lieu.

L’Etat doit maintenant faire face à l’ampleur de la récession en démontrant sa solvabilité au niveau des emprunts et des investissements massifs pour sauver son économie. L’Etat français n’agira pas seul au vue du contexte de la globalisation. L’impact et la relance économique de la France dépend nécessairement de ses partenaires Européens et des deux grandes puissances économiques que sont les Etats-Unis et la Chine.

La France a pris plusieurs mesures économiques pour faire face à l’urgence sanitaire et aider les entreprises qui sont frappées par la pandémie du COVID-19. Il s’agit de (d’) :

  • Soutien à la trésorerie et faciliter les recours à l’activité partielle.
  • Dérogations possibles en matière de durée du travail pour certaines entreprises dans des secteurs particulièrement nécessaires.
  • Report du paiement des loyers ou certaines factures (eau, électricité…) pour les très petites entreprises.
  • Suspension temporaire du jour de carence en cas d’arrêt maladie pendant la durée de l’état d’urgence sanitaire.
  • Adaptation des règles de dépôt et de traitement des déclarations administratives.
  • Une aide maximale de 1500 euros accordée aux entreprises qui ont un CA inférieur à 1 million d’euro pour les TPE.

Pour poursuivre ses actions, l’Etat a adopté une loi de finance rectificative dont le texte prévoit immédiatement 45 milliards d’euros pour aider les entreprises en difficulté et financer le chômage partiel des salariés. L’Etat prévoit aussi de garantir les nouveaux prêts de trésorerie accordés à partir du 16 mars et jusqu’au 31 décembre 2020. Par ailleurs, le ministre de l’économe Bruno Lemaire a indiqué que l’Etat remboursera 100% aux entreprises, les montants qui seront versés aux salariés en chômage technique. Jusqu’à présent, il ne remboursait qu’à hauteur du SMIC horaire.

L’idée pour l’Etat est de retrouver très rapidement la stabilité économique du pays et repartir avec la croissance. Un pan important de cette stratégie est aussi de maintenir les compétences au sein des entreprises et en France pour éviter les erreurs des décennies précédentes qui rythmaient avec la séparation des salariés en période de crise économique.

L’Eco : La polémique sur la nouvelle monnaie de l’Afrique de l’ouest.

Créée en 1975, la CEDEAO (Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest), a en son sein des pays anglophones comme le Nigéria, le Ghana et d’autres francophones comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal dont le but est de promouvoir la coopération économique au niveau sous-régional et international.

Cette zone monétaire pour renforcer son influence et sa souveraineté monétaire a mis en place un projet inédit de la création d’une monnaie commune. Pour les initiateurs, le lancement de cette monnaie commune (l’ECO) va obliger les pays à converger vers un idéal économique important même si des divergences de fonds existent encore au sein d’une partie de l’opinion africaine. Contrairement au franc CFA qui bénéficie d’une parité fixe par rapport à l’Euro (1Euro vaut 655,957 CFA) , l’ECO est conçu pour être une monnaie flottante.

Malgré tous les questionnements dans les sphères et strates économiques de la zone, le 29 juin 2019, lors du 55ème sommet de la CEDEAO, les Chefs d’Etat de la communauté ont entériné le projet de création de la monnaie unique. Certes, l’idée a été adoptée et les orientations tranchées, mais pour les leaders anglophones de la zone comme le Nigéria et le Ghana, il faut nécessairement une rupture des pays francophones avec la France où 60% des devises et réserves d’échanges de ces pays sont au trésor français.

Les pays anglophones exigent un divorce entre la France et les utilisateurs du CFA dans la zone.

Annoncée en grande pompe le 21 décembre 2019 par le Président ivoirien, Allassane Ouattara en présence de son homologue Français, le Président Emmanuel Macron, la fin du Franc CFA pour l’Eco a été très mal perçue par les pays anglophones de la CEDEAO, notamment le Nigéria qui fait figure de géant économique dans la zone.

Pour les pays anglophones tous les aspects techniques et les accords de coopération économique du retrait des pays francophones du FCFA (Franc de la Communauté Financière en Afrique) n’ont pas encore été très clairs vis-à-vis de la tutelle française pour leur imposer l’ECO qui doit être la nouvelle monnaie en juin 2020 des pays de l’UEMOA. Pour la partie anglophone dont le Nigéria, le Ghana, la Gambie, la Sierra Leone et le Libéria de la CEDEAO, il faudra clarifier les aspects comme :

  • La parité de la monnaie « ECO » contre l’Euro.
  • Les questions des comptes d’opération des pays francophones qui se trouvent au trésor français.
  • La problématique de l’arrimage de l’ECO à l’EURO.
  • Les conditions de production de la monnaie et de sa flexibilité en période d’inflation.
  • La cogestion de monnaie avec la France.

Pour le Nigéria, pour aller définitivement tous à l’ECO, il faut que les pays de l’UEMOA coupent tous les liens qui existaient depuis 1945, date de création de la monnaie.

La stratégie du géant Nigérian et des autres acteurs pour la domination économique par la monnaie.

Le Président ivoirien actuellement à la tête de l’UEMOA, souhaite pour les huit (08) Etats de l’union à savoir le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo, que l’ECO reste arrimer à l’EURO avec la même parité du FCFA, c’est-à-dire 1 Euro = 655,957 FCFA. Selon lui, cela donnera une certaine garantie à la monnaie dans des situations de crise économique que pourrait connaître la zone.

Il est soutenu dans cette démarche par le Sénégal qui fait figure de deuxième puissance économique de la zone UEMOA. Pour les pays d’Afrique subsaharienne qui ont le français comme première langue officielle, l’économie sénégalaise est deuxième avec 16,963 milliards $ quand la Côte d’ivoire est première avec 38,496 milliards $.  Les deux grandes puissance de l’UEMOA contrôlent la zone et imposent aux autres leurs pensées afin d’orienter les autres Etas. C’est aussi dans cette perspective qu’Allasane Ouattara, a indiqué que tous les pays de l’UEMOA vont adopter l’ECO en juin 2020 en remplacement du FCFA.

Avec 60 à 70% du PIB de la CEDEAO, le géant Nigéria est très prudent face à l’ECO, la nouvelle monnaie que devrait utiliser les 15 membres de l’union à l’avenir. Pour l’actuel ministre nigériane des Finances, Zainab Shamsuna Ahmed, les critères de convergence doivent être purement et simplement respectés. Ces principaux éléments de blocage sur le consensus de l’ECO sont :

Pour l’instant au regard des critères de convergence, seul le Togo est capable de les respecter. Pour les autres, il faut encore beaucoup d’effort de restriction budgétaire si tout le monde veut être au même diapason et assoir cette monnaie communautaire.

Pour les économistes nigérians, il faut que la monnaie ne soit pas gérée par Paris afin de donner la souveraineté monétaire des pays de l’union. Selon eux, vu que le « NAÏRA », la monnaie du pays n’est pas convertible, il faudra qu’elle le soit pour commercer à l’international.  Il faut que Paris ne soutienne plus les pays francophones pour garantir la compétitivité des activités économiques dans la zone. Aussi, pour les pays anglophones, si la France soutien encore les pays de la zone UEMOA dans cette configuration de l’ECO, cela posera nécessairement un problème de gouvernance dans les Etats. En effet, le Nigéria cherche à protéger son marché, diversifier son économie et s’industrialiser sans pour autant attendre les autres. Le pays se dit que c’est de moment d’avoir une audace et du leadership fondés sur une vision claire des intérêts vitaux. Certes, les autorités nigérianes ont été informées de la mise en place de l’ECO dans la zone francophone pour juin 2020, mais que gagne les deux zones pour un essor économique probant ?

Que gagne les anglophones et francophones dans la mise en place de l’ECO ?

Utilisateurs du FCFA depuis sa création, les pays de l’UEMOA (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo) se disent prêts à l’utilisation de la monnaie unique en juin 2020. Même si quelques désaccords existent encore sur les critères de convergence, pour les francophones de la zone CEDEAO, des avantages à la mise en place de l’ECO seront tangibles. Il s’agit :

  • De la souveraineté monétaire des pays utilisateurs ;
  • Du soutien mutuel et de la poursuite à la réalisation d’objectifs communs et individuels ;
  • Du renforcement des canaux de transmission de la politique monétaire des pays concernés, présentement affaiblis ;
  • De la facilitation de la libre circulation des biens et services dans la zone ;
  • De la sécurité monétaire sous-régionale ;
  • De garantir les défauts de paiement sur les dettes extérieures par la France.

Au-delà des réserves des pays de la ZMOA (Gambie, Ghana, Guinée, Sierra Leone, Nigéria), l’appartenance à la monnaie unique de la CEDEAO apporte des avantages conséquents aux économies nationales au niveau national, sous-régional et international. L’ECO apporte des avantages comme :

  • La fluidité des échanges commerciaux dans la zone CEDEAO ;
  • La convertibilité des monnaies nationales en devises ;
  • L’augmentation du pourcentage du PIB des pays surtout du Nigéria dans la zone CEDEAO ;
  • L’accroissement des échanges commerciaux au niveau international du fait de l’arrimage à l’UERO.

Pour résoudre toutes les polémiques, l’ensemble des intellectuels africains souhaite en avril 2020 à Lomé au Togo, des « Etats généraux de l’ECO » pour orienter les Etats africains de la CEDEAO à une prise de position définitive pour l’amélioration des économies africaines et l’amélioration des conditions de vie des populations. Selon ces experts, il faut soumettre cette monnaie à l’analyse pointue des élites économiques africaines afin d’apporter des réponses idoines et solutions concertées pour l’entrée en vigueur de l’ECO.